La séptima vida

...o el gato así lo espera/teme

Entre la Gare du Nord et Montparnasse

Moi, j'aime bien monter dans le métro. Il y a toujours des gens intéressants. Cependant, lorsque les portes s'ouvrent et nous sommes ailleurs, les moments passés dedans s'effacent pour jamais y retourner.


Cette fois c'était différent. Après quelques minutes j'ai noté que la personne la plus proche à moi était un monsieur très grand. Il était habillé en noir, avec un manteau qui lui arrivait jusqu’aux chevilles. Son costume gris, sa chemise blanche et sa cravate suggéraient un évènement important ; sa vieille et petite valise parlait d'un voyage pas trop long. Il portait un chapeau noir aussi, en cuir. Il était assis ; moi, j'étais debout, collé contre la porte à son coté. Et il priait.


Le monsieur avait un grand rosaire de perles en bois très usées. Les petites billes montraient de la fatigue. Elles allaient et venaient entre ses mains comment des pierres dans la rivière. Entre murmures. Ses grandes mains étaient aussi vielles, usées. Noires. Aussi noires que son chapeau.


Soudain, il m'a regardé droit dans les yeux, avec ses petits yeux bleus clairs. Il a levé son regard et m'a noté lors que j'étais absorbé entre les grains de ses prières. Il sourit sans s’arrêter de prier sans voix. Il m'a salué avec un doux mouvement de tête et moi, j'ai lui répondu également pour rapidement finir avec mon intrusion.


Pour quoi est-ce qu'il priait ? Il avait une telle dévotion... Je ne sais pas. Je voudrais croire qu'il priait en remerciement. Il avait de la bonté dans les yeux. Il avait de la paix. J'imagine qu'il avait des bonnes raisons pour remercier.


Finalement les portes de la voiture se sont ouvertes à la Gare de Montparnasse. Je suis descendu en poussant, poussé. J'ai déposé ma valise par terre pour lui regarder la dernière fois. Il m'a dit “adieu” avec sa main sur le cœur, un beau sourire, et son regard bleu clair.


Dans le métro il y a des gens très intéressants. Et, des fois, il y a quelqu'un impossible d'oublier.